Spectacle Archive

Revidents

2004

En letton avec surtitres français et anglais



Prix régulier /

Alvis Hermanis (Lettonie)

Dans une petite ville de province, un gouverneur emploie sa femme et sa fille dans l’établissement qu’il dirige et où vient se restaurer  un groupe d’invités triés sur le volet. Cette petite élite locale, qui contrôle l’économie et la vie sociale de la région, sera très perturbée par l’annonce de la venue d’un reviseur, un inspecteur envoyé en mission par le tsar afin de renforcer sa main mise sur toute l’empire. À ce moment surgit un jeune voyou que l’on confond avec le reviseur et qui se rend rapidement compte de tous les  avantages qu’il peut tirer de la situation.

Malgré toutes les interprétations dont il fut l’objet, qu’elles soient sociologiques, marxistes ou métaphysiques, Le Reviseur, écrit par Nikolaï Gogol (1809-1852), demeure avant tout une grande comédie.

La controverse que provoquera la réinterprétation faite par la Jaunas Rigas Teatris, lorsqu’elle  fut présentée à Saint-Pétersbourg en 2003, fit écho au scandale provoqué par la toute première représentation du Reviseur, qui eut lieu le 19 avril 1836. Revidents choqua le public russe par le fait que le metteur en scène, Alvis Hermanis, ait choisi de situer l’action dans une cantine soviétique des années soixante-dix, décennie vécue sous la dictature de Leonid Brejnev, secrétaire général du Parti communiste de l’Union Soviétique de 1966 à 1982.

Cette période fut celle de l’immobilisme et de la stagnation économique, sous la férule d’un dirigeant imbu de lui-même, démagogue et tyrannique envers ses dissidents. Elle fut également celle de l’enfance d’Hermanis, né en 1965.  Inspiré par ses souvenirs et ceux de ses compatriotes, le metteur en scène a scrupuleusement reconstitué cette époque appartenant au passé récent de la Lettonie, ex-république soviétique ayant obtenu son indépendance en 1991. Costumes, musique, odeur des cantines, latrines rebutantes (oui,oui!) et embonpoint des protagonistes de la classe dirigeante, tout y est.

Au-delà de la satire et de la dénonciation, Alvis Hermanis insuffle aux personnages de Gogol, petits escrocs surpassés par un escroc encore plus grand, une tendresse empreinte de sérénité. Sans cacher leur vilenie, il en fait les victimes  de l’écroulement de la grande utopie communiste.

Pièce annonciatrice de la pétrification d’une société, véritable musée d’une ère révolue, Revidents par sa drôlerie et son esthétique stylisée, se situe toutefois aux antipodes du théâtre naturaliste. La fantaisie de la direction artistique qui s’apparente à la bande dessinée et la virtuosité de la distribution font de cette fable politique et fantaisiste un véritable chef d’œuvre acclamé par la critique lettone et étrangère.

En savoir plus sur le spectacle

Crédits

Texte Nikolaï Gogol
Mise en scène Alvis Hermanis
Production Nouveau Théâtre de Riga

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