Spectacle Archive

Le Moine noir

2004

En français avec des passages en russe



Prix régulier /

Denis Marleau (Montréal - Belgique)

Maître de conférence en philosophie, le jeune et brillant André Vassilitch Kovrine doit se rendre à la campagne afin de reposer ses nerfs fragiles.  Renouant avec la maison du vieil horticulteur Pessotski, qui fut également son tuteur à la mort de sa mère, Kovrine retrouve avec bonheur les magnifiques jardins de ce dernier, ainsi que sa fille Tania. Entre soirées animées, promenades et travaux philosophiques, Kovrine dort à peine, toujours aussi agité mais joyeux, jusqu’à ce que surgisse un moine noir aux longs cheveux blancs. Entre le jeune homme malingre et l’apparition s’installe un dialogue étrange et obsessif qui comble d’aise le philosophe en dépit de sa nature hallucinatoire. Brutalement ramené à la raison par Tania, qu’il a finalement épousée, Kovrine entame une cure qui le mènera à  sa perte.

Lorsqu’il écrit cette nouvelle en 1893, Anton Tchekhov était installé depuis un an dans son domaine de Melikhovo, lieu de ses rêves entouré d’un parc et d’un grand jardin. Dans un petit pavillon au fond du jardin, il a écrit, outre Le Moine noir plusieurs de ses plus belles œuvres dont La salle no6 (1892), Le Récit d’un inconnu (1893) et La Mouette (1896). Cette période faste d’écriture dans laquelle il s’engage socialement auprès de sa communauté et tout aussi activement comme médecin, l’épuisera et confirmera peu à peu la présence en lui de la tuberculose, diagnostic qu’il ne voulait pas s’avouer à lui-même. Si Kovrine sera emporté par celle-ci, présageant ainsi la mort de son auteur, c’est plutôt l’étude de la folie des grandeurs qui semble animer le projet de Tchekhov en écrivant Le Moine noir, qu’il qualifie de « drame médical » rédigé à partir d’une image qui lui et apparue en rêve. Étrange convergence entre une observation clinique des fragilités humaines et l’irruption du surnaturel, Le Moine noir, récit énigmatique aux ellipses laissant place à des zones obscures, montre une facette plus symboliste du dramaturge russe.

Féru de textes méconnus et non destinés à la scène, Denis Marleau poursuit son exploration des esthétiques théâtrales du tournant du XIXe siècle avec cette création présentée pour la première fois en Belgique en mars 2004. Figure magistrale du théâtre québécois, le metteur en scène est  également fondateur et directeur d’UBU, compagnie de création et directeur artistique du Théâtre français du Centre national des arts à Ottawa. Parmi la trentaine de mises en scène qu’il a réalisées, Denis  Marleau a sans cesse exploré les dimensions ludique, poétique et philosophique du théâtre.

En savoir plus sur le spectacle

Crédits

Texte Anton Tchekhov
Mise en scène Denis Marleau
Production Théâtre français du Centre national de Arts du Canada, Manège de Mons / Centre dramatique (Belgique), Festival Borderline, dans le cadre de Lille 2004 Capitale européenne de la Culture, et Ubu, compagnie de création

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