Spectacle Archive

Jimmy, créature de rêve

2002



Prix régulier /

Marie Brassard (Montréal)

« Quand on rêve, est-ce que les personnages existent quelque part ? Est-ce que les lieux existent dans une dimension parallèle ? Cela devient une question philosophique, existentielle. Et nous, est-ce que nous existons vraiment? »

Comme tout le monde, Marie Brassard rêve. L’artiste en éveil y a vu matière à création. Durant deux ans, parallèlement à sa carrière de comédienne, elle a embrassé la profession de glaneuse de rêves. Au saut du lit, systématiquement, elle a consigné ces fragments de subconscient, pressentant certainement leur grande richesse dramatique.

Jimmy, créature de rêve émane de la fusion de ces trois traits de personnalité de celle qui affirme avant tout : « Je suis une actrice ! » Pourtant, la création de ce petit bijou révèle tous ses talents d’artiste complète, puisqu’elle a absolument tout fait, de l’écriture à la conception des costumes, en passant par l’élaboration du décor, de l’éclairage et, bien sûr, de la mise en scène.

Jimmy, personnage onirique expulsé brusquement du rêve ludique d’un général américain, chevalier errant en suspension dans une dimension où il sera récupéré par le rêve d’une actrice montréalaise, permet à Marie Brassard d’oser toutes les transgressions. Elle marie l’invraisemblable et le crédible, considère l’ambiguïté comme un des beaux-arts, explore les avenues du surréalisme et de l’abstraction, se rit des conventions et tire sur l’élastique de la censure, sans trop de retenue. « Je crois que quand tu es artiste, c’est un devoir de ne pas avoir de pudeur pour permettre au spectateur d’aller vraiment loin, de vivre quelque chose d’extraordinaire ».

Jimmy, créature de rêve englobe la vision du jeu de Marie Brassard par rapport au texte et au prétexte : « Ce que j’écris n’existe que s’il est joué. Le jeu que j’explore fait aussi partie de mon écriture, au même titre que les mots. » Elle précise que le potentiel poétique du matériel que forment ses rêves a déterminé le fait que Jimmy parle de l’actrice et non l’inverse, comme le veut une convention généralement admise par le code narratif au théâtre ou au cinéma.

Jimmy, créature de rêve devient alors un objet d’art à part entière de par sa forme, un peu comme une peinture abstraite ou une pièce musicale. « Spécifiquement, pour ce projet, j’ai besoin de savoir à quoi ressemble l’objet d’art qui peut sortir de moi ».

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Crédits

Texte et mise en scène Marie Brassard
Infrarouge Théâtre

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