Spectacle Archive

Die Dreigroschenoper Songspiel (L’Opéra de quat’sous)

2002

Work in progress, Série Théâtrallemand, chanté en allemand avec surtitres français



Prix régulier /

Robert Lepage (Québec)

Robert Lepage, alors étudiant au Conservatoire de Québec, a vu L’Opéra de quat’sous monté par la classe de finissants qui l’a précédé. Depuis, il a toujours entretenu l’idée qu’il présenterait un jour sa version de l’œuvre de Bertolt Brecht et de Kurt Weill. Aujourd’hui, il passe à l’action. Ainsi, à sa manière, il nous propose un work in progress, un atelier public dans lequel il nous invite à suivre les toutes premières étapes du processus de création de Die Dreigroschenoper (l’Opéra de quat’sous). Basée sur l’interprétation en allemand du Songspiel – les chansons de la pièce et quelques liens narratifs -, la production de Lepage joue essentiellement sur l’exploration de la musicalité d’une langue aux sonorités qui nous sont peu familières.

Die Dreigroschenoper a été créé le 28 août 1928 à Berlin au Theater am Schiffbauerdamm. Inspiré de The Beggar’s Opera, de John Gay, écrit en 1728, il a été traduit par Elisabeth Hauptmann et a failli s’appeler Racaille ou Les assassins sont parmi nous. Depuis sa création et jusqu’en 1949, Die Dreigroschenoper a subi plusieurs remaniements importants touchant sa structure, son instrumentation et son livret. L’œuvre est par la suite adaptée en anglais en 1954 sous le titre de The Threepenny Opera.

La portée universelle de son propos, une féroce satire sociale dans laquelle une cour des miracles à l’anglaise devient métaphore des travers de toute la société, a désuit d’emblée. Dans les deux années suivant sa création, Die Dreigroschenoper a été joué près de 500 fois, tant en Allemagne qu’à l’étranger.

 

Au fil des ans Die Dreigroschenoper devient une œuvre quasi mythique, « culte » diraient les gens branchés. Joué à Berlin, à Paris, à Londres, à Milan, à New York, à Francfort, à San Francisco tout comme à Tokyo, il touche non seulement l’universalité, mais aussi l’intemporalité. On en conserve des traces écrites, dont un roman, mais également une douzaine de disques qui témoignent autant de la spécificité épique du théâtre de Brecht que des qualités de compositeur de Kurt Weill, qui a su marier judicieusement chansons populaires berlinoises et rythmes empruntés au jazz. La chanson Mack The Knife  s’est d’ailleurs avérée un immense succès populaire.

L’associaiton de Bertolt Brecht, né en 1898, et de Kurt Weill, né en 1900, remonte à 1926, au moment où ce dernier, déjà compositeur reconnu en Allemagne, décide de se consacrer au théâtre musical, un art qui lui permet de mieux exprimer ses convictions politiques et sociales. Il se joint à Brecht, dont l’engagement gauchiste n’est plus à démontrer. Ensemble, ils conçoivent Die Dreigroschenoper, puis Aufstieg und Fall der Stadt Mahagonny (Grandeur et décadence de la ville de Mahagonny – 1930) et Sieben Todsünden (les Sept péchés capitaux – 1933). Même si les deux se brouillent, il restera de leur collaboration une nouvelle conception du théâtre lyrique, un théâtre parlé épique entrecoupé de pièces musicales, que même le nazisme ne pourra effacer et qui influera sur la comédie musicale américaine.

On ne s’étonnera donc pas que Robert Lepage réalise le vieux rêve qu’il poursuivait depuis longtemps, celui d’explorer, à sa façon, une œuvre qui porte en elle des valeurs de changement.

En savoir plus sur le spectacle

Crédits

Texte Bertolt Brecht
Mise en scène Robert Lepage
Production Ex Machina

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