Un chorégraphe pétri de bonnes intentions veut créer une pièce porteuse d’un message de réconciliation et de coexistence. Après un moment en solo où il tourne en dérision certain discours de la danse contemporaine ainsi que sa propre pensée politique, et après avoir décrété que l’espace lui opposant une résistance appartient forcément à un Arabe, le danseur qu’ila embauché, seul danseur arabe qu’il connaisse, se joint à lui.

We love Arabs! Cette phrase est souvent prononcée avec une vraie ou une fausse candeur par des juifs israéliens. Les arabes dont il est ici question sont ceux qui possèdent un passeport israélien. Même s’ils vivent en Israël en toute légalité, ils sont en général considérés comme des citoyens de seconde zone et on leur accorde rarement la parole, au dire de Hillel Kogan.

Et le chorégraphe parle, parle, parle. Le danseur se tait. Et puis, ils se mettent à danser, duo improbable, éminemment chargé et potentiellement explosif.

Et c’est magnifique. Ils sont beaux, drôles, brillants, ils dansent comme des dieux, et leur rencontre, éclatante de sens, d’humour et d’intelligence, génère tantôt l’hilarité totale et tantôt une émotion fulgurante, sans doute plus puissante que bien des négociations de paix.

 

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Ce que la presse en dit…

Chef-d’œuvre ! Je n’ai encore jamais vu une œuvre dansée aussi pleine d’esprit, provocatrice, politique et hilarante. […] C’est l’aventure chorégraphique la plus exceptionnelle que j’ai vue depuis des années.

Ora Brafram, The Jerusalem Post

 

Les danseurs israéliens les plus incontournables font fi de la politique sans se départir de la provocation.

Jonathan Frochtzwajg, The Oregonian

 

Un geste d’amour contre la haine. […] Avec l’humour comme arme de construction positive, ce spectacle est une grande bouffée de générosité. Il dit des choses simples, il porte un message humaniste et politique. […] Ce spectacle porteur d’espoir est un sacré choc.

Stéphane Capron, Scène Web, 15 juillet 2016

 

Une subtile petite heure durant, on aura vu un artiste se moquer avec esprit de lui-même et tenter d’approcher l’autre malgré ses inconscientes ornières, son ignorance. C’est généreux et piquant dans un espace sombre, hors frontières que les deux danseurs parviennent lentement à faire exploser, éliminant tous les murs possibles entre leurs communautés.

Fabienne Pascaud, Télérama, 20 juillet 2016

 

La satire est aussi corrosive que savoureuse. Étoile de David et croissant de l’islam, houmous et communion, mur de séparation et Rubicon… Pas un symbole ne sortira totalement indemne de cet ardent pied-de-nez chorégraphique à multiples niveaux de lecture, adressé à lui-même et au monde de la danse, aux chevaliers blancs auto-satisfaits qui se croient incapables de préjugés, à vous et moi dans toutes nos ambiguïtés, aux petits arrangements de chacun de l’altérité…

Cathy Blisson, Mouvement no 86

 

En matière de perfection, We love Arabs mérite aussi le coup de chapeau. L’œuvre restera comme l’un des temps forts de la cuvée 2016 du OFF.

Jack Dion, Marianne blog, juillet 2016 

Crédits


Danseurs Adi Boutrous et Hillel Kogan
Lumières Amir Castro
Musiques Kazem Alsaher, Wolfgang Amadeus Mozart
Conseillers artistiques Inbal Yaacobi et Rotem Tashach
Traduction française Talia de Vries

En collaboration avec Spoleto Festival USA

Remerciements

Soutenu par le Ministère de la culture Israélien et par le Art Council of the Israeli Lottery.