Moscou! Moscou! Ce cri de détresse et d’espérance lancé par les Trois Sœurs de Tchekhov est galvanisé, adapté et transposé dans le Brésil d’aujourd’hui. Il se mue en un vibrant questionnement sur les notions d’utopie, de liberté, sur le désir et la volonté de changement.

Olga, Maria et Irina célèbrent l’anniversaire de cette dernière, la cadette, et les spectateurs sont conviés à la fête. La soirée se tient en deux temps, théâtre et cinéma, dans deux espaces distincts. La pièce, jouée dans un de ces espaces pour une moitié du public, est filmée sur le vif par trois caméras intégrées à l’action; les images sont mixées en direct et le film est projeté simultanément dans l’autre espace, devant l’autre moitié du public. Après l’entracte, les spectateurs changent de salle.

Ce sont deux versions complémentaires et très différentes de la même œuvre qui sont proposées : l’une, festive, participative et décomplexée, pulvérise la frontière entre la scène et la salle; l’autre, plus intime, poétique et introspective, donne accès aux coulisses, à des moments privilégiés et des angles de vue exclusifs. Et dans ce dispositif étonnant de finesse, d’invention et d’efficacité, ce sont trois actrices incandescentes, qui, selon le cas, brûlent les planches ou crèvent l’écran.

 

Galerie de photos/vidéos

Ce que la presse en dit…

Trois actrices à la dégaine puissante y abolissent la frontière scène-salle et jonglent avec le tournage qu’elles assurent en partie…

Emmanuelle Bouchez, Télérama, 20 septembre 2014

 

Sans s’embarrasser d’un vieux samovar ni avoir les moyens de s’offrir les services d’une garnison de militaires désoeuvrés, il faut l’optimisme déraisonnable d’une Brésilienne née à Rio de Janeiro pour faire le pari de rendre compte de la plus touchante des manières des Trois Sœurs d’Anton Tchekhov à travers l’organisation d’une simple fête dans un appartement avec piscine.

Patrick Sourd, Les Inrockuptibles, 17 septembre 2014

 

Dans le fond, et c’est sans doute le but, Christiane Jatahy met chaque spectateur dans une position semblable à celle des trois sœurs : comme chacune d’elle, il rêve d’autre chose, de ce qu’il n’a pas, accessoirement d’un monde meilleur. Il veut aller de l’autre côté, passer le miroir. Il nage entre deux eaux comme chacune des trois sœurs qui, tour à tour au fil de la soirée, se glisse dans un aquarium tenant lieu de baignoire (ou inversement) et flotte entre deux mondes.

J.-P. Thibaudat, Théâtre et Balagan, 20 septembre 2014

 

 

Fabuleuses comédiennes et actrices que Julia Bernat (Irina), Stella Rabello (Maria) et Isabel Teixeira (Olga) dont l’état de grâce habite sans relâche d’une humanité palpable, ce vertige d’ailleurs et de recommencement, aux prises entre illusions et frustrations.

Amaury Jacquet, PublikArt, 4 août 2016

 

Là encore, Christiane Jatahy, n’est pas la seule à vouloir briser la frontière entre la salle et la scène. Mais elle le fait avec un talent qui trouble, comme une collision.

            Brigitte Salino, Le Monde, 5 mars 2016 

Crédits


Avec Julia Bernat, Stella Rabello et Isabel Teixeira
Adaptation, scénario et montage Christiane Jatahy
Collaboration au scénario Julia Bernat, Paulo Camacho, Stella Rabello, Isabel Teixeira
Photographie et vidéo live Paulo Camacho
Création des décors Christiane Jatahy et Marcelo Lipiani
Costumes Antonio Medeiros et Tatiana Rodrigues
Musique Domenico Lancellotti
Éclairage Alessandro Boschini et Paul Camacho
Conception sonore Denilson Campos
Musicien et technicien vidéo Felipe Norkus
Ingénieur vidéo Bruno Drolshagen
Ingénieur du son Ben Hur Machado
Mix live (cinéma) Francisco Slade
Régie générale et lumières Leandro Barreto
Régisseur plateau Thiago Katona
Directeur de tournée Henrique Mariano
Production Cia Vértice de Teatro
Production en tournée Le CENTQUATRE-PARIS
Coproduction Le CENTQUATRE – PARIS; Festival temps d’images; Zürcher Theater Spektakel ; SESC – Servicio Social do Comercio
La compagnie Vértice de Teatro est soutenue par Petrobras