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Marie Gignac
Directrice artistique du Carrefour, metteure en scène et comédienne.

Festival 2011 Marie Gignac's blog

Blogue du festival

Le journal de bord de la directrice artistique et de ses invités




Tout va si vite!

(Publié le 6 juin 2011)
Depuis plus d’une semaine déjà, Où tu vas quand tu dors en marchant…2 est passé de l’état de projet à celui de souvenir, et à l’espoir d’un retour… Les Mille Anonymes ont achevé leur première renaissance, Wolfe et Jackie Vautour sont rentrés en Acadie, Miss Mae a offert son dernier Striptease et a déjà remballé sa malle, le garage de La nuit juste avant les forêts est redevenu désert et l’aréna où a poussé le théâtre de Lipsynch est redevenu un aréna. Sur ARTV ces jours-ci, un documentaire à propos d’Israel Galván ramène à ma mémoire La fin de cet état de choses… qui est toujours imminent… Dans la vie comme au théâtre, ce que nous attendons, préparons, espérons, organisons pendant des semaines, des mois, des années, brûle et se consume à la vitesse de l’éclair, d’une allumette, d’un feu d’artifice. Mais ce que leur lumière et leur chaleur produisent en nous peut perdurer très longtemps.

Profitons donc à plein de cette dernière semaine, des fleurs de Gardenia qui ne dureront que deux jours, des Cinq jours en mars qui ne seront que trois, du Cabaret Gainsbourg qui, lui, revivra cinq jours et de La Familia Coleman réunie pour trois jours... Et de tous les Chantiers qui, pour la plupart, dans leur état actuel, ne vivent qu’un jour…
 

Merci du fond du cœur !

(Publié le 1er juin 2011)
aux concepteurs, à leurs collaborateurs et assistants, aux équipes techniques, aux artisans et à tous ceux qui, en soutien aux acteurs, musiciens et acrobates, sont devenus eux aussi interprètes des concepts élaborés pour le spectacle déambulatoire présenté ce dernier et pluvieux week-end de mai 2011.

 

Au cours des derniers mois, chacun s’est investi à un rythme croissant, jusqu’au dernier moment. Nous avons tous en cours de route été portés par des emballements et des moments de grâce, puis ralentis, parfois heurtés même par les innombrables contraintes.

À la fin, les circonstances ne nous l’ont pas rendu facile et c’est un peu envers et contre tout que nous avons livré l’art et la magie dans les rues et parcs du centre-ville de Québec : des vents presque violents s’engouffrant dans la rue Fleurie; l’humidité et le froid soumettant l’équipe et le public à rude épreuve, et les artistes bien plus que tous les autres.

 Mais aurait-il pu faire chaud dans un cimetière ? 

Lors de ces trois soirées étonnantes, la fiction travestissant la rue et tirant profit des éléments semble avoir pris le pas sur la réalité. Mais la réalité, aussi opportuniste, en a profité pour se révéler hors du cadre quotidien qui l’estompe la plupart du temps.

Il serait néanmoins plus juste de dire que c’est avec et grâce à tous que nous sommes parvenus à relever le défi que nous nous étions donné. Nous y avons mis ensemble tout l’effort et l’élan nécessaires pour construire de merveilleuses idées, pour les rendre réelles, palpables et aussi très impressionnantes. Nous avons fait cela pour qu’un public en fasse l’expérience et pour qu’il en ressorte enchanté, joyeux, surpris et pourquoi pas aussi touché et ému.

C’est un pouvoir magique que celui de transmettre l’émotion et la grâce d’une pensée furtive par le choix d’un mot, d’une expression, d’une situation justes, drôles, ordinaires ou poétiques. La présence des acteurs en action tout juste à nos côtés exerce un attrait irrésistible et merveilleux que nous avons tous expérimenté avec bonheur. On était facilement happé par la force magnétique des lieux, des bâtiments, des images et des lumières qui révélaient et exploitaient l’architecture et les recoins du quartier Saint-Roch pour nous surprendre et pour nous dérouter.

Des surprises, mais aussi des trésors, nous attendaient sur les lieux : tulipes en explosion dans le jardin, êtres humains merveilleux et volontaires, dansant et pivotant au pourtour des quelques mètres de briques et d’asphalte de la rue du Pont. D’autres, transportés de leur salle de classe à la fosse couleur d’eau d’une piscine, plongés littéralement dans le bain de la création et de la scène. D’autres encore, mus par le désir de contribuer volontairement de leur temps au succès de l’événement.

 

Me voilà en train de noircir des pages alors que tout ce que je voulais dire c’est Merci !

Rendre hommage aux artistes et à toutes les personnes qui se sont impliquées personnellement dans la réalisation et, on peut bien le dire, le succès de cet Où tu vas quand tu dors en marchant…2.

Nous étions au défi de reconduire une réussite artistique et populaire équivalente à la première version du spectacle déambulatoire. La perspective de se surpasser n’était pas tant l’enjeu  que celui de mener à terme, avec les moyens disponibles et le plus de bonheur possible, un projet ambitieux et complexe, pour lequel les attentes de la presse, des partenaires et du public étaient plutôt élevées.

Déjà la mémoire est tout ce qu’il nous reste, avec quelques images, de ces moments uniques et fugaces. Certains diront qu’il n’en faut pas toujours plus pour être transformés.

Sûr que nous serons plusieurs à ne plus jamais circuler sur la rue Ste-Marguerite sans espérer voir surgir un cosmonaute assis devant une niche de bande dessinée, une motocyclette suspendue entre ciel et terre au bout d’un énorme hameçon, ou un artiste niché sur le mur de briques brunes de la rue de la Chapelle, cellulaire en main. L’écho des cris du cœur d’une bande d’adolescents retentira longtemps à nos oreilles à la Marina de Saint-Roch.  Et, en passant sur la rue du Pont, espérer apercevoir l’épicier au grand cœur, et tous ceux pour qui ce petit bout de rue est une partie de leur vraie vie. Je nous mets au défi de ne pas rêver de  rencontrer sur la rue Fleurie un marchant volubile ou sourire au souvenir du flot incessant des pensées de gens ordinaires, si semblables aux nôtres et dont l’écho se prolongera peut-être dans le flot bruyant de la cascade du jardin de Saint-Roch.

Merci et bonne fin de festival à tous ceux qui poursuivront le voyage avec nous!

Dominique Violette

 

Deux mots

(Publié le 29 mai 2011)
Ce matin, je dirai simplement à tous les artistes, techniciens, bénévoles, à l’équipe du festival et au public, à tous ceux et celles qui ont collaboré à Où tu vas quand tu dors en marchant…2, vous tous qui avez, ensemble, dans le vent, le froid et la pluie, fait naître beauté, émotion, joie, chaleur et lumière…

MERCI et CHAPEAU !!!

 

Mots et silences

(Publié le 28 mai)
Peut-être que j’ai besoin de me taire un peu, de faire silence pour laisser toute la place à toutes les paroles qui s’élèvent en ce moment comme des prières, qui éclairent la ville comme des feux dans la nuit, comme des étoiles filantes… La parole hachurée et lumineuse de Daniel Danis, dans le magnifique poème sonore et visuel qu’est
Mille Anonymes, la parole continue et incandescente de Bernard-Marie Koltès, à travers le corps, la voix, l’âme de Sébastien Ricard, et l’immense symphonie de mots et d’images qui résonnent chaque soir dans les rues et les parcs du quartier Saint-Roch, paroles d’artistes, de citoyens, d’adolescents, paroles joyeuses ou douloureuses, tendres ou ironiques, enthousiastes ou désespérées… et quelques silences éloquents.

Le vent ne les emportera pas.

 

C’est parti!

(Publié le 25 mai 2011)
Et c’est parti en grande, avec le très beau et très puissant spectacle d’Israel Galván, à la Salle Albert-Rousseau hier soir. Il m’a encore une fois éblouie et émue aux larmes… Et je ne suis pas la seule. Un spectateur m’a confié, à la sortie, qu’il s’est mis à pleurer comme un bébé au moment où le danseur a bondi sur sa plate-forme à ressorts, l’affrontant comme un toreador défie le taureau…

Tous ceux qui l’ont vu frémiront peut-être encore plus, et de façon rétrospective, en apprenant que la représentation a bien failli ne pas avoir lieu. Le cargo maritime qui transportait le matériel vers Montréal la semaine dernière a d’abord accusé un énorme retard en raison de problèmes techniques. Puis, le conteneur a été retenu au port pour subir une inspection. L’équipe de production a pris les choses en main et les instances gouvernementales, en particulier Agriculture Canada, ont collaboré de façon impeccable afin de donner la priorité au déblocage de nos boîtes, qui sont arrivées à Québec à 15 heures mardi… Il était moins une! Dominique Violette nous entretient ci-dessous des aléas de la réalisation d’un festival comme le nôtre.

Ce soir, au Complexe Méduse, c’est la grande première de Mille Anonymes, la nouvelle création de Daniel Danis, un de nos grands dramaturges pour qui l’écriture est autant scénique que littéraire, puisqu’il met en scène sa propre pièce. Si ce n’est déjà fait, je vous invite à l’écouter nous parler de ce qui lui a inspiré cette œuvre, grâce à un fichier audio que vous trouverez en page d’accueil du site. Et un gros merde à toute l’équipe de Mille Anonymes!

 
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