Merci du fond du cœur !
(Publié le 1er juin 2011) aux concepteurs, à leurs collaborateurs et assistants, aux équipes techniques, aux artisans et à tous ceux qui, en soutien aux acteurs, musiciens et acrobates, sont devenus eux aussi interprètes des concepts élaborés pour le spectacle déambulatoire présenté ce dernier et pluvieux week-end de mai 2011.
Au cours des derniers mois, chacun s’est investi à un rythme croissant, jusqu’au dernier moment. Nous avons tous en cours de route été portés par des emballements et des moments de grâce, puis ralentis, parfois heurtés même par les innombrables contraintes.
À la fin, les circonstances ne nous l’ont pas rendu facile et c’est un peu envers et contre tout que nous avons livré l’art et la magie dans les rues et parcs du centre-ville de Québec : des vents presque violents s’engouffrant dans la rue Fleurie; l’humidité et le froid soumettant l’équipe et le public à rude épreuve, et les artistes bien plus que tous les autres.
Mais aurait-il pu faire chaud dans un cimetière ?
Lors de ces trois soirées étonnantes, la fiction travestissant la rue et tirant profit des éléments semble avoir pris le pas sur la réalité. Mais la réalité, aussi opportuniste, en a profité pour se révéler hors du cadre quotidien qui l’estompe la plupart du temps.
Il serait néanmoins plus juste de dire que c’est avec et grâce à tous que nous sommes parvenus à relever le défi que nous nous étions donné. Nous y avons mis ensemble tout l’effort et l’élan nécessaires pour construire de merveilleuses idées, pour les rendre réelles, palpables et aussi très impressionnantes. Nous avons fait cela pour qu’un public en fasse l’expérience et pour qu’il en ressorte enchanté, joyeux, surpris et pourquoi pas aussi touché et ému.
C’est un pouvoir magique que celui de transmettre l’émotion et la grâce d’une pensée furtive par le choix d’un mot, d’une expression, d’une situation justes, drôles, ordinaires ou poétiques. La présence des acteurs en action tout juste à nos côtés exerce un attrait irrésistible et merveilleux que nous avons tous expérimenté avec bonheur. On était facilement happé par la force magnétique des lieux, des bâtiments, des images et des lumières qui révélaient et exploitaient l’architecture et les recoins du quartier Saint-Roch pour nous surprendre et pour nous dérouter.
Des surprises, mais aussi des trésors, nous attendaient sur les lieux : tulipes en explosion dans le jardin, êtres humains merveilleux et volontaires, dansant et pivotant au pourtour des quelques mètres de briques et d’asphalte de la rue du Pont. D’autres, transportés de leur salle de classe à la fosse couleur d’eau d’une piscine, plongés littéralement dans le bain de la création et de la scène. D’autres encore, mus par le désir de contribuer volontairement de leur temps au succès de l’événement.
Me voilà en train de noircir des pages alors que tout ce que je voulais dire c’est Merci !
Rendre hommage aux artistes et à toutes les personnes qui se sont impliquées personnellement dans la réalisation et, on peut bien le dire, le succès de cet Où tu vas quand tu dors en marchant…2.
Nous étions au défi de reconduire une réussite artistique et populaire équivalente à la première version du spectacle déambulatoire. La perspective de se surpasser n’était pas tant l’enjeu que celui de mener à terme, avec les moyens disponibles et le plus de bonheur possible, un projet ambitieux et complexe, pour lequel les attentes de la presse, des partenaires et du public étaient plutôt élevées.
Déjà la mémoire est tout ce qu’il nous reste, avec quelques images, de ces moments uniques et fugaces. Certains diront qu’il n’en faut pas toujours plus pour être transformés.
Sûr que nous serons plusieurs à ne plus jamais circuler sur la rue Ste-Marguerite sans espérer voir surgir un cosmonaute assis devant une niche de bande dessinée, une motocyclette suspendue entre ciel et terre au bout d’un énorme hameçon, ou un artiste niché sur le mur de briques brunes de la rue de la Chapelle, cellulaire en main. L’écho des cris du cœur d’une bande d’adolescents retentira longtemps à nos oreilles à la Marina de Saint-Roch. Et, en passant sur la rue du Pont, espérer apercevoir l’épicier au grand cœur, et tous ceux pour qui ce petit bout de rue est une partie de leur vraie vie. Je nous mets au défi de ne pas rêver de rencontrer sur la rue Fleurie un marchant volubile ou sourire au souvenir du flot incessant des pensées de gens ordinaires, si semblables aux nôtres et dont l’écho se prolongera peut-être dans le flot bruyant de la cascade du jardin de Saint-Roch.
Merci et bonne fin de festival à tous ceux qui poursuivront le voyage avec nous!
Dominique Violette |